Sur le papier, les Salomon Speedcross sont réputées pour leur accroche et leur nervosité sur sentier plutôt que pour un amorti moelleux digne d'une chaussure de route. Pourtant, en pratique, l'amortissement perçu peut varier énormément selon votre poids, votre foulée, le type de sentier et quelques « réglages » simples que l'on peut agir soi‑même (semelles, chaussettes, pointure, drop, technique). Après plusieurs sorties de test – terrains boueux, racines, grosses pierres et parcours roulants – j'ai dressé ici un guide pragmatique pour optimiser le confort et la protection de vos Speedcross en fonction de votre gabarit et du terrain.
Comprendre l'amortissement des Speedcross
Les Speedcross n'ont pas de molette d'amortissement magique : leur sensation vient du composé de la semelle intermédiaire (EVA/foam), de l'épaisseur de l'EMI (midsole) et de la semelle extérieure Contagrip. Autre facteur clé : le volume intérieur et le maintien du pied, qui influencent la façon dont l'impact est transmis. Pour « régler » l'amortissement, on joue donc sur :
Avant d'entrer dans les recommandations selon le poids et le terrain, une règle d'or : testez toujours vos ajustements sur sorties progressives. Un changement trop brutal (semelle très épaisse ou orthèse rigide) peut créer de nouvelles douleurs.
Réglages et adaptations selon votre poids
Le poids influence directement le tassement du foam. Plus vous pesez, plus la mousse va compacter et donner une sensation d'amorti moindre (ou au contraire, atteindre la pleine compression là où un coureur léger ne la solliciterait pas).
| Plage de poids | Problèmes fréquents | Solutions recommandées |
|---|---|---|
| < 65 kg | Amorti perçu très moelleux, parfois manque de stabilité sur rochers | Choisir taille habituelle, semelle standard fine, chaussettes plus épaisses en hiver. Si trop de flottement, opter pour une semelle plus ferme ou une semelle anatomique fine pour plus de réactivité. |
| 65–80 kg | Bon compromis amorti/stabilité, compression modérée de la mousse | Garder la référence constructeur ; utiliser une semelle intérieure neutre ou légère pour plus de confort sur sorties longues. |
| 80–95 kg | Amorti qui s'écrase davantage, transmission des chocs sur terrains durs | Privilégier une demi‑taille au‑dessus si vous sentez le fond dur, semelles intérieures à mémoire de forme ou plus épaisses, considérer modèles avec midsole plus épais (si disponible) ou renfort de talon. |
| > 95 kg | Risque d'écrasement complet de la mousse sur longues sorties, fatigue articulaire | Opter pour semelle orthopédique ferme, ajouter une semelle intercalaire technique (ex. semelle dédiée trail running), préférer modèles trail plus « robustes » (certaines gammes Salomon ou alternatives comme Hoka Speedgoat pour plus de cushioning). |
Adapter en fonction du type de sentier
Le type de terrain change tout : un sentier très technique réclame plus de sensibilité et d'accroche ; un chemin roulable réclame plus de cushioning pour absorber les vibrations.
Exemples pratiques de « setups »
Voici des configurations que j'ai testées et que je recommande selon les scénarios :
Autres astuces terrain et matériel
Enfin, gardez en tête que l'amorti optimal n'est pas uniquement une question de matériel : varier la cadence, travailler la technique et renforcer les appuis (gainage, proprioception) aura un impact durable sur le confort quel que soit votre poids ou le réglage de vos Speedcross.