Choisir une montre multisport, c'est un peu comme choisir un partenaire d'entraînement : on veut quelqu'un de fiable, qui nous comprend, qui résiste aux éléments et nous aide à progresser sans nous compliquer la vie. Après plusieurs mois de tests terrain avec des montres Suunto et Garmin — sorties récentes et modèles phares –, je vous partage ici mon retour d'expérience honnête et pratique pour vous aider à y voir plus clair.
Premières impressions et prise en main
La première chose qui frappe, c'est la philosophie différente entre les deux marques. Garmin vise l'écosystème complet : montre, app, accessoires, mais aussi intégration avec des services tiers. Suunto, de son côté, fait sentir son héritage "aventure" : des interfaces plus épurées, une lecture claire des données et une approche souvent plus intuitive pour les sportifs qui veulent se concentrer sur l'effort.
Concrètement, la prise en main d'une Garmin peut demander un peu plus de temps si vous voulez exploiter toutes les fonctions (cartos, music, pay). La Suunto est souvent plus simple à paramétrer pour une utilisation multisport basique : démarrer une session, enchaîner natation / vélo / course et retrouver vos statistiques rapidement.
Précision GPS et capteurs
Pour l'entraînement multisport, la précision GPS est capitale. Sur routes, chemins et parcours vallonnés, j'ai trouvé que :
- La Garmin (modèles récents) propose souvent une meilleure stabilité en zones urbaines ou sous couvert forestier grâce au support multi-GNSS et aux filtres de position. Les traces sont généralement plus lisses.
- La Suunto peut parfois afficher des zigzags sur des sections complexes, mais elle récupère très bien sur le long terme. En montagne la robustesse des algorithmes est satisfaisante.
Concernant la fréquence cardiaque au poignet, les deux marques ont progressé. J'ai cependant privilégié le capteur thoracique (HRM) pour les séances intenses ou en natation, car les lectures au poignet restent moins fiables lors d'efforts fractionnés ou dans l'eau, surtout pour la Suunto.
Fonctions multisport et transitions
Pour les triathlètes ou sportifs pratiquant des enchaînements, les deux marques gèrent bien les transitions (T1/T2) et les modes multisport. Quelques nuances :
- La Garmin offre plus de possibilités de personnalisation des écrans et des champs de données pour chaque discipline. C'est pratique si vous voulez afficher cadence cycliste, puissance et puissance normalisée (si couplée à un capteur).
- La Suunto privilégie la clarté : moins d'options mais un affichage très lisible en course ou vélo. Pour ceux qui aiment la simplicité, c'est un atout.
Autonomie et gestion de la batterie
L'autonomie est souvent un critère décisif pour les longues sorties vélo, ultra-trails ou triathlons longue distance :
| Critère | Garmin (typique) | Suunto (typique) |
|---|---|---|
| Autonomie en GPS standard | De très bon niveau, variantes selon modèle (20-40h+) | Très bonne, souvent comparable (20-30h selon modèles) |
| Modes économie | Multiples réglages (GNSS réduit, fréquence HR, etc.) | Modes simples mais efficaces |
| Recharge rapide | Souvent meilleure optimisation | Bonne mais dépend du modèle |
En pratique : si vous prévoyez des sorties au-delà de 8-10 heures régulières, examinez bien les spécifications du modèle et testez votre configuration (GPS + notifications + musique) car l'autonomie chute rapidement si tout est activé.
Logiciels, analyses et écosystème
Sur l'analyse des données, Garmin Connect et Suunto app (et récemment renforcée par la plateforme web/collaboration) ont des approches différentes :
- Garmin Connect : très riche en métriques, rapports, planification d'entraînements, intégration avec TrainingPeaks, Strava, Zwift, etc. Si vous aimez les chiffres et les plans structurés, c'est un vrai plus.
- Suunto : propose une interface plus épurée, avec des mises en avant utiles (charge d'entraînement, récupération, profils d'activité). L'export des données fonctionne bien mais l'écosystème reste moins foisonnant que Garmin.
J'apprécie la simplicité de Suunto pour lire rapidement une séance et la puissance de Garmin pour aller plus loin dans l'analyse. Mon astuce : utiliser l'app qui vous parle le plus, mais n'hésitez pas à coupler les comptes pour profiter du meilleur des deux mondes.
Navigation et cartographie
Si vous pratiquez des sorties d'orientation, trail ou vélo d'aventure, la cartographie devient essentielle. Ici Garmin prend souvent l'avantage :
- Garmin propose des cartes intégrées, routage et navigation virage par virage sur de nombreux modèles. Les écrans plus larges facilitent la lecture en course.
- Suunto offre la navigation basique (waypoints, routes), et certains modèles haut de gamme disposent de cartes hors ligne — suffisantes pour beaucoup d'utilisateurs mais moins complètes que sur Garmin.
Matériaux, confort et design
Le choix esthétique compte aussi : la Garmin propose souvent des modèles un peu plus "tech" avec écran tactile et boutons, tandis que la Suunto se concentre sur la robustesse et la simplicité du design. Pour les sports intenses, privilégiez le confort du bracelet et la solidité du boîtier. J'ai testé des modèles qui tiennent très bien la transpiration et la natation, mais attention aux écrans tactiles qui peuvent être capricieux sous la pluie.
Prix et rapport qualité / performance
La gamme Garmin est vaste : on trouve des entrées de gamme abordables et des flottes de modèles haut de gamme avec des fonctions premium (musique, paiement, carto). Suunto se positionne souvent sur un bon rapport qualité/prix pour les sportifs qui veulent l'essentiel mais bien fait.
- Si vous recherchez l'écosystème complet, les mises à jour fréquentes et des fonctionnalités avancées : Garmin est un choix sécurisé.
- Si vous cherchez la simplicité, la robustesse et une expérience utilisateur fluide axée sur l'entraînement pur : Suunto est très convaincante.
Pour quel sportif chaque marque convient-elle ?
En tant que pratiquante polyvalente (course, vélo, natation), je distingue trois profils :
- Le compétiteur multisport/triathlète : optez pour Garmin si vous voulez la personnalisation, la cartographie et l'intégration puissance/strava/zwift.
- Le baroudeur/ultra-trailer : Suunto garde une longueur d'avance en termes de lisibilité et de robustesse lors de longues expéditions, mais Garmin avec sa carto est aussi très performant.
- Le pratiquant loisir/entraîneur amateur : les deux conviennent. Choisissez selon l'ergonomie et l'écosystème que vous préférez.
Sur le terrain, j'ai souvent alterné entre les deux selon les sorties : une Suunto pour mes longues séances en pleine nature où je veux me concentrer sur l'effort, et une Garmin quand je prépare une compétition nécessitant analyse poussée et navigation détaillée.
Si vous avez un modèle précis en tête (par exemple Suunto 9, Suunto 7, Garmin Forerunner, Fenix, ou Epix), dites-moi lequel et je vous ferai un comparatif plus détaillé adapté à vos besoins — capteurs, budget et types d'entraînements.